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Voici un article dans la continuité de celui sur "la diversification alimentaire".
L'allergie alimentaire est un vrai soucis pour les assistantes maternelles, car elles contribuent souvent à la diversification alimentaire des enfants qui leurs sont confiés. On sait que plus l'enfant goûtera de nouvelles saveurs, plus il aura la chance d'en aimer! Cette expérience gustative lui permettra de développer ses préférences. Cependant cette période d'apprentissage du goût peut aussi nous faire découvrir une allergie alimentaire.
Quels sont les aliments susceptibles d’induire une allergie alimentaire?... A quel âge puis-je donner tel où tel aliments pour limiter les risques?...
Cliquez sur lire la suite pour découvrir l'article sur « Les allergies alimentaires. » qui répond à de nombreuses questions.
Sur la proposition de Christophe Cassagne
LES ALLERGIES ALIMENTAIRES
A-Définition Les allergies alimentaires représentent l’ensemble des troubles alimentaires dont le mécanisme immuno-allergique est démontré, avec l’intervention des anticorps de classe IgE dans les suites de l’ingestion d’un allergène.
B-Epidémiologie Actuellement les allergies alimentaires constituent un problème majeur de santé publique. On constate une augmentation constante de leur prévalence ces dernières décennies. Les statistiques montrent que leur accroissement régulier est lié à l’amélioration du dépistage, à l’approche diagnostique mais aussi à la modification des habitudes alimentaires. Les allergies alimentaires touchent entre 2,1 et 3,8% de la population (enfants et adultes confondus)...
C-Les allergènes les plus fréquents Tous les aliments ne sont pas susceptibles d’induire une allergie alimentaire. Par ailleurs, les aliments responsables seront différents selon l’âge de l’enfant. - Nourrissons de moins de 6 mois: protéines du lait de vache.
- Après 6 mois: oeuf 31% arachide 18% lait 12% soja – lentilles et petits pois 3% noisettes 3% ces aliments représentent ainsi 70 à 80% des causes d’allergie alimentaire à cet âge.
- Adolescents: Préférentiellement sensibilisés aux allergènes des végétaux, dupracés (pomme, pêche, poire, abricot), ombellifères (céleri, carotte, fenouil), crustacés, oeuf, poisson, banane, kiwi, avocat, châtaigne, latex. D-Manifestations cliniques On trouve de manière décroissante: - Dermatite atopique 38%
- Urticaire et angio oedème 18%
- Troubles digestifs à types de diarrhée, de vomissement, de douleurs abdominales 10 à 20%
- Asthme, oedème laryngé 12%
- Rhinite et conjonctivite
- Le choc anaphylactique est rare avant 6 ans, et il représente 5% des tableaux cliniques
- Le syndrome oral de Lessof qui se manifeste par un prurit velo-palatin, un oedème de la luette linguale et pharyngée lors du contact avec les aliments.
E-Comment prévenir la survenue d’allergie par une action sur l’alimentation? 1-La prévention primaire Elle a pour but d’éviter le contact avec les aliments allergisants afin de prévenir toute sensibilisation. Elle concerne les mesures recommandées chez la femme enceinte, la femme qui allaite et le nourrisson de moins de 1 ans et préconise: - D’éviter de consommer de l’arachide (cacahuètes) pendant la grossesse et l’allaitement maternel
- De promouvoir l’allaitement maternel jusqu’au troisième mois de vie si possible et idéalement jusqu’à 6 mois (recommandations de l’OMS)
- De proposer une diversification progressive de l’alimentation après le cinquième mois révolu
La diversification se fait en accord avec le pédiatre ou le médecin traitant qui pourra être amené à conseiller l’introduction retardée de certains aliments. Quelques règles à connaître:
- On introduit les aliments un à un, en commençant par un seul légume ou un seul fruit, en évitant au début de la diversification le mélange des aliments.
- On supprime les fruits exotiques
- L’oeuf et le poisson ne seront pas introduits avant l’âge de 1 an
- On proscrit l’huile d’arachide, et la margarine contenant la mention «graisses végétales non précisées»;
- Les listes d’ingrédients des préparations sont soigneusement étudiées afin de repérer la présence de moutarde, arachide…
- Il est contre-indiqué d’introduire un aliment nouveau dans la semaine suivant une gastro entérite aiguë car il y a à ce moment là un risque accru de sensibilisation.
- Chez le nourrisson à haut risque d’allergie, en cas d’impossibilité d’allaitement maternel exclusif pendant les 4-6 premiers mois de vie, un lait avec hydrolyse partielle des protéines est indiqué.
L’ensemble de ces recommandations permettraient de prévenir les manifestations allergiques. 2-Prévention secondaire Le but est d’empêcher que le sujet allergique ingère l’aliment qui lui est interdit. Ce qui repose sur l’information de l’enfant, de ses parents et de l’entourage qui en a la garde au quotidien. Pour le jeune enfant et le bébé, il est indispensable que la famille donne une information détaillée sur l’état allergique de l’enfant et sur les mesures de précaution prises antérieurement. Ce qui nécessite de prendre contact selon son mode de garde auprès des services de santé de la mairie, de la P.M.I, du pédiatre et/ou de la directrice de la crèche. Ces mesures visent à mettre en place une procédure d’accueil individualisé (PAI). La procédure d’accueil individualisé est un document écrit mis en place afin d’accueillir au mieux l’enfant qui a des besoins spécifiques. Ce document est le résultat de la concertation entre toutes les personnes concernées (famille, personnes qui accueillent l’enfant, le ou les professionnels de santé qui suivent l’enfant et celui rattaché à la structure qui l’accueille). Le PAI précise les modalités de la vie quotidienne (repas, traitements, soins) ainsi que les adaptations si certaines sont nécessaires. Il est rédigé par le médecin de la collectivité avec la famille et la personne responsable de l’établissement qui accueille l’enfant (directeur de crèche, d’école…). Il est valable 1 an et il est reconductible chaque année en apportant des modifications éventuelles. La signature d’une procédure d’accueil individualisé n’est pas anodine, car elle doit permettre d’intégrer, de soulager voire de sauver l’enfant. Afin que cette convention se déroule dans les meilleures conditions, chaque participant doit faciliter les échanges. Pour le périscolaire, la commune décide de participer ou non à cette convention, mais elle n’en a pas l’obligation.
En pratique lors de l’élaboration du dossier, il doit être stipulé:
- L’identité des parents
- Les aménagements à prévoir pour l’enfant
- L’autorisation et l’accord des parents
- Un protocole d’intervention en cas d’urgence (rempli par le médecin): La conduite à tenir et l’ordonnance
En résumé les précautions à prendre chez l’enfant à risque allergique selon les recommandations de l’Afsaps. | Femme enceinte | Eviter tout aliment contenant de l’arachide | | Allaitement maternel | Recommandé de façon exclusive jusqu’à 6 mois révolus et à défaut jusqu’à 4 mois révolus (recommandations OMS) | | Aliments à éviter par la mère en cas d’allaitement | Eviter tout aliment contenant de l’arachide | | Quel lait choisir, si pas d’allaitement maternel | - Préparation hypoallergénique (HA) pendant au moins 6 mois
- Voire hydrolysas de protéines du lait de vache sur avis médical
| | Quand débuter la diversification | A 6 mois révolus | | Fruits et légumes | Après 6 mois révolus et pas de kiwi, ni fruits exotiques, ni céleri avant 1 an | | Farines infantiles | Après 6 mois révolus (avec ou sans gluten) | | Viandes et poissons | Viandes après 6 mois révolus et les poissons pas avant 1 an | | Oeufs | Après 1 an | | Fruits à coque, produits contenant de l’arachide | Après 3 ans | Source de l’article: Ouvrage «L’alimentation du jeune enfant» partie 1 chapitre IV par le Dr Fonmarty-Cassagne, pédiatre. Aux Editions WEKA, 2eme trimestre 2006 Liens utiles : Allergienet.com La petite enfance (de la naissance à 3 ans) sur le site sante.gouv.fr
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